Qui n’aime pas

Qui n’aime pas l’eau n’a pas le cœur vrai
Qui n’aime pas le pain ne sait pas juger la terre
Qui reste chez lui n’aime pas le vent
Qui aura l’accident n’aura pas l’espace libre
Ni les larmes de l’adieu ni le Destin devant lui
Il passe sans savoir qu’il n’est qu’un passant.

Qui n’aime pas le feu hait la Vie ou la craint
Flamme liquide et brûlure de bonheur
Qui forge les troncs sculpte les branches
Les poissons naissants, les oiseaux plume à plume
Les bêtes, les serpents afin qu’ils mangent et soient
Et les fusées d’insectes à l’allumage.

Qui n’aime pas la nuit n’aime pas l’intelligence
L’abîme suspendu aux triangles d’étoiles
Où tressaillent les parfums de l’herbe, les vies passées
Et le Monde aux intérieurs interdits.

Qui n’aime pas la mer n’a jamais aimé le sommeil
L’engourdissement des ports où les mâts se balancent
La retombée éternelle le renom des côtes
La perle conçue dans la source des climats

Qui n’aime pas la pudeur n’a jamais aimé.

(Traduction Paol Keineg)

Ce poème en breton



 




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