{"id":4886,"date":"2018-06-22T22:47:07","date_gmt":"2018-06-22T20:47:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.anjela.org\/oberenn\/?page_id=4886"},"modified":"2018-09-02T11:57:19","modified_gmt":"2018-09-02T09:57:19","slug":"anjela-duval-une-voix-prophetique","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.anjela.org\/oberenn\/anjela-duval-une-voix-prophetique\/","title":{"rendered":"Anjela Duval, une voix proph\u00e9tique ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Roger Laouenan<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab&nbsp;Une demi-douzaine de po\u00e8tes ne vaudront jamais un bon ouvrier agricole&nbsp;!&nbsp;\u00bb s&rsquo;\u00e9cria un jour Anjela Duval, qui savait de quoi elle parlait, puisqu&rsquo;elle cultivait la terre chaque jour avant de se mettre \u00e0 \u00e9crire, le soir. Il y a bien plus qu&rsquo;une boutade, dans ces mots de la dame de Trao\u00f1-an-Dour. Elle avait capt\u00e9 les ondes du s\u00e9isme installant un monde nouveau, radicalement diff\u00e9rent de son enracinement dans le monde terrien, de son mode de vie pr\u00e9sent\u00e9 comme la somme d&rsquo;une connaissance multis\u00e9culaire. Anjela Duval \u00e9tait profond\u00e9ment, et tout \u00e0 la fois, bretonne, paysanne et po\u00e8te. Elle ne voyait pas de passerelles possibles entre le monde ancien, le sien, et celui qui s&rsquo;annon\u00e7ait. Pourtant sa voix a franchi la fronti\u00e8re.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seuls ses voisins, ses quelques amis, les membres de sa famille, le petit monde du Vieux-March\u00e9, de Tr\u00e9grom ont connu Anjcla Duval enfant, adolescente, jeune fille. Quand s&rsquo;amor\u00e7a, dans les ann\u00e9es soixante, le \u00ab&nbsp;p\u00e8lerinage&nbsp;\u00bb de l&rsquo;intelligentsia bretonnante vers Trao\u00f1-an-Dour, la fermi\u00e8re, proche de ses soixante ans, offrait d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;une femme marqu\u00e9e par une vie de durs labeurs. Sans concession \u00e0 la plus petite coquetterie, elle apparaissait aust\u00e8re, s\u00e9v\u00e8re avec un bonnet recouvrant une chevelure \u00e0 la diable, avec jupe et sarrau noirs. Elle allait d&rsquo;un pas d&rsquo;homme, sans gr\u00e2ce, en sabots.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais il y avait le visage. Le regard de velours sombre, celui de sa beaut\u00e9 juv\u00e9nile, se posait sur vous, rasant la monture des lunettes (qu&rsquo;elle ne portait que pour lire) et vous emprisonnait par une sorte de magn\u00e9tisme. Lourd ou clair, incisif ou voil\u00e9 de douceur, il disait l&rsquo;intense vibration de l&rsquo;intelligence, la sensibilit\u00e9 toujours sous-jacente, comme il mena\u00e7ait de la col\u00e8re sacr\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Femme de grand air, elle pr\u00e9f\u00e9rait les travaux des champs aux besognes du m\u00e9nage. Seul un bouquet de fleurs cueillies sur ses terres \u00e9gayait la pi\u00e8ce principale, sombre en terre battue. La grande table de campagne avec ses deux bancs octroyait une place envahissante aux livres, journaux, lettres, \u00e0 toutes sortes de papiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peu am\u00e8ne avec des visiteurs d\u00e9sinvoltes, arrogants ou\u2026 sots, elle accueillait \u00e0 bras ouverts la foule grossissante qui envahissait sa ferme. Anjela aimait le dialogue. Elle avait aussi une grande capacit\u00e9 d&rsquo;\u00e9coute. Bien souvent de doctes d\u00e9bats s&rsquo;instauraient \u00e0 la grande table o\u00f9 cr\u00eapes, g\u00e2teaux, pain, beurre, caf\u00e9 invitaient \u00e0 la conc\u00e9l\u00e9bration de la rencontre. Elle \u00e9tonnait son auditoire par ses r\u00e9parties fulgurantes, la sagesse de ses jugements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son rire clair et fort r\u00e9sonnait souvent quand elle se sentait en sympathie avec ses h\u00f4tes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La langue bretonne primait sur le fran\u00e7ais, qu&rsquo;elle utilisait cependant, avec une extraordinaire puret\u00e9, quand l&rsquo;interlocuteur pouvait justifier son ignorance du breton.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On conna\u00eet sa boutade. Un visiteur dont l&rsquo;accent trahit le Tr\u00e9gor entame la conversation en fran\u00e7ais. Anjela lui demande en breton&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comment, vous ne savez pas le breton&nbsp;? \u2013&nbsp;Je le comprends mais je ne le parle pas&nbsp;\u00bb, r\u00e9pond l&rsquo;autre. \u00ab&nbsp;Alors, d\u00e9coche Anjela, vous \u00eates comme mes chiens&nbsp;: eux aussi ils le comprennent mais ne le parlent pas.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle ne quittait pratiquement jamais Trao\u00f1-an-Dour. Personnellement, tr\u00e8s surpris, je la vis une fois \u00e0 Lannion o\u00f9 elle s&rsquo;\u00e9tait rendue pour une visite m\u00e9dicale, et une deuxi\u00e8me fois quand lui fut d\u00e9cern\u00e9 le prix Per Trepos. Tr\u00e8s croyante, elle suivait la messe\u2026 \u00e0 la radio. Pourquoi ce refus syst\u00e9matique de d\u00e9passer les limites de ses terres&nbsp;? Elle invoquait des pr\u00e9textes qui en r\u00e9alit\u00e9 masquaient une raison intime, connue d&rsquo;elle seule et sur laquelle on se perdra toujours en conjectures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le droit de parole <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 7 novembre 1981, Anjela Duval gagnait les hautes terres pour une moisson d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Est-ce donc n\u00e9cessit\u00e9, aujourd&rsquo;hui, de nommer le po\u00e8te de Trao\u00f1-an-Dour, de le dire, d&rsquo;en interroger les mots, d&rsquo;en sentir le souffle de l&rsquo;esprit en g\u00e9sine ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons certes rompu, \u00e0 plusieurs reprises, le pain de l&rsquo;amiti\u00e9. Mais quelle amiti\u00e9 ? Autre interrogation. Elle fut multiple, donn\u00e9e en partage \u00e0 tant d&rsquo;autres. Anjela enseignait la foule; elle ne conc\u00e9l\u00e9brait qu&rsquo;en intimit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma qualit\u00e9 de journaliste a-t-elle pollu\u00e9 nos relations ? G\u00e9n\u00e9rant l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, Anjela se hissait souventes fois vers les feux de l&rsquo;actualit\u00e9 et je devenais alors l&rsquo;interpr\u00e8te privil\u00e9gi\u00e9. Nourrissant les colonnes de mon journal de sa c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 grandissante, le professionnel, trop souvent sans doute, occultait l&rsquo;ami.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans quelle mesure le souci instinctif du (petit ou grand) scoop journalistique n&rsquo;utilisait-il pas le canal de la sympathie?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne serais nullement surpris qu&rsquo;Anjela se soit interrog\u00e9e, sur ce point, \u00e0 mon endroit. Et sans doute se sentait-elle mieux en phase avec certains dont la sympathie paraissait \u00e0 ses yeux plus d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e. Ce petit cercle, au bout du compte fort r\u00e9duit, a re\u00e7u droit de parole sur Anjela.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au fil des ans, alors que son aura s&rsquo; affermissait dans la souvenance, que s&rsquo;affinait la puret\u00e9 de son \u0153uvre litt\u00e9raire, que s&rsquo;en d\u00e9gageait la permanence, de nouveaux disciples ont revendiqu\u00e9 une co-propri\u00e9t\u00e9 du legs. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne s&rsquo;est particuli\u00e8rement manifest\u00e9 lors des c\u00e9r\u00e9monies anniversaires de novembre 1991 au Vieux-March\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En soi, cette r\u00e9appropriation d&rsquo;une pauvresse, d\u00e9shabill\u00e9e par une foule en chasse d&rsquo;insolite apr\u00e8s un demi-si\u00e8cle de parfait anonymat, celui des humbles de la gl\u00e8be, relance un d\u00e9bat. Non seulement le temps ne semble pas oxyder le souvenir de la paysanne, mais au contraire, m\u00eame au sein de son petit peuple tr\u00e9gorrois, il le d\u00e9pouille, le purifie, en fixe le rayonnement. Anjela s&rsquo;enfonce d\u00e9sormais dans les profondeurs de notre histoire communautaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toute r\u00e9habilitation pr\u00e9suppose une condamnation. Anjela, pouss\u00e9e dans la m\u00eal\u00e9e, avait choisi son camp. Et ses adversaires. A-t-elle remport\u00e9 totalement son combat posthume&nbsp;? Il est encore trop t\u00f4t, \u00e0 mon sens, pour se prononcer. Une certitude, n\u00e9anmoins, s&rsquo;impose&nbsp;: l&rsquo;appel arthurien qu&rsquo;a lanc\u00e9 cette femme \u00e0 ses chevaliers, au nom de son sang, de sa terre, de son identit\u00e9, de sa culture, cet appel ultime et unique a d\u00e9j\u00e0 triomph\u00e9 du naufrage. Il percute toute conscience qui se veut bretonne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La fontaine de Trao\u00f1-an-Dour <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le discours actuel sur Anjela Duval, s&rsquo;il veut tendre au minimum de trahison (\u00e0 mon avis, nul ne pourra jamais s&rsquo;accorder \u00e0 la musique intime d&rsquo;Anjela), doit explorer plusieurs pistes. Et r\u00e9pondre \u00e0 une premi\u00e8re question&nbsp;: \u00e0 qui le destine-t-on&nbsp;? Aux militants du mouvement breton, aux bretonnants cultiv\u00e9s en leur langue&nbsp;? Ou bien aux g\u00e9n\u00e9rations montantes en besogne d&rsquo;enracinement, et que la soif d&rsquo;une culture identitaire conduit toujours vers la \u00ab&nbsp;vieille fontaine de Trao\u00f1-an-Dour\u00a0\u00bb&nbsp;\u00bb&nbsp;? Ou bien \u00e0 ces qu\u00eateurs de patrimoine, gens de tous horizons, de toutes races, butinant, pour leur richesse personnelle, dans les fleurs des jardins de po\u00e9sie ? Ou bien, tout simplement, au peuple de Bretagne, celui qui ne sait pas, mais qui veut savoir, qu&rsquo;ont un jour touch\u00e9 un mot, une parole, un vers, une image jaillis du bocage, l\u00e0 o\u00f9 se terrait une \u00e9trange silhouette de noir v\u00eatue&nbsp;?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Personnalit\u00e9 plus complexe qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet de prime abord, Anjela Duval pr\u00e9sente \u00e0 qui s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 sa vie, \u00e0 qui veut \u00e9tudier son \u0153uvre ou d\u00e9crypter son message, le visage correspondant \u00e0 l&rsquo;angle choisi. D\u00e8s lors grande et perverse est la tentation de minorer, d&rsquo;occulter les autres aspects du personnage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au demeurant, Anjela, m\u00eame de son vivant, a connu cette partition de son \u00eatre&nbsp;: les uns ne voyaient en elle que la militante du combat breton pour la langue, la culture, d&rsquo;autres l&rsquo;\u00e9cologiste d\u00e9fendant ses talus, ses arbres, et la virginit\u00e9 de sa terre, cependant que certains pr\u00e9f\u00e9raient rep\u00e9rer en elle l&#8217;empreinte du vieux mysticisme celte v\u00e9hiculant une sagesse ancestrale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Beaucoup ont c\u00e9l\u00e9br\u00e9 son inspiration po\u00e9tique. Assez peu ont donn\u00e9 la primaut\u00e9 \u00e0 ses fibres paysannes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;\u00e9cueil demeure&nbsp;: le \u00ab&nbsp;po\u00e8te-paysan&nbsp;\u00bb de Trao\u00f1-an-Dour est en p\u00e9ril d&rsquo;une gloire purement litt\u00e9raire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Expliquons-nous. La qualit\u00e9 de son \u0153uvre po\u00e9tique lui a ouvert les portes du Panth\u00e9on de la litt\u00e9rature de langue bretonne. Elle a largement m\u00e9rit\u00e9 sa place. Aupr\u00e8s des plus grands. Mais cette \u0153uvre est ins\u00e9parable d&rsquo;une vie qui, quotidiennement, a toujours r\u00e9serv\u00e9 la meilleure part de la peine et de la joie \u00e0 une communion \u00e9troite avec la terre nourrici\u00e8re. Ins\u00e9parable et inexplicable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sans nul doute la mise en r\u00e9sonance de ses po\u00e8mes peut conduire \u00e0 la s\u00e8ve qui les nourrit. Encore convient-il d&rsquo;identifier correctement ce suc vital.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette qu\u00eate ne fournira que des r\u00e9ponses approximatives \u00e0 quiconque n&rsquo;a pas eu l&rsquo;heur de rencontrer, d&rsquo;interroger, d&rsquo;observer Anjela Duval dans son cadre, son rythme de vie, son quotidien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab&nbsp;Mon c\u0153ur est un cimeti\u00e8re&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9tude en chambre d&rsquo;un po\u00e8te ne se solde pas forc\u00e9ment par une trahison. Si elle peut \u00eatre jeu de l&rsquo;esprit, la po\u00e9sie se veut par essence chant du c\u0153ur. Et ce chant transcende le fait, la situation, l&rsquo;id\u00e9e qui l&rsquo;ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9. Il tend \u00e0 l&rsquo;universalit\u00e9, devient chant du monde. Et il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire d&rsquo;avoir pouss\u00e9 son pas jusqu&rsquo;\u00e0 la demeure en terre battue de Trao\u00f1-an-Dour pour s&rsquo;accorder \u00e0 la musique, au message d\u00e9livr\u00e9s en certains po\u00e8mes. Par exemple ce court po\u00e8me intitul\u00e9 <em>\u00ab&nbsp;Va c&rsquo;halon&nbsp;\u00bb.<\/em> <em>Va c&rsquo;halon zo ur vered \/ Enni nouspet ha nouspet bez \/ Enni bembez ur bed nevez \/ Bezio\u00f9 kerent ha mignoned\u2026<\/em> \u00ab&nbsp;Mon c\u0153ur est un cimeti\u00e8re\/ En lui je ne sais combien de tombes \/ En lui chaque jour une tombe nouvelle \/ Tombes de parents et d&rsquo;amis\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons tous pleur\u00e9 un parent, un ami devant une terre fra\u00eechement remu\u00e9e d&rsquo;un cimeti\u00e8re et nous pouvons aussi faire n\u00f4tre ce lamento.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais prenons le po\u00e8me <em>\u00ab&nbsp;An alouberien&nbsp;\u00bb<\/em> qu&rsquo;Anjela signe, en mars 1964, \u00ab&nbsp;Une pauvre patriote, <em>Ur Vrogarourez paour&nbsp;<\/em>\u00bb. La paysanne clame sa r\u00e9volte devant les envahisseurs qui se sont abattus sur le pays comme une bande de corbeaux. Elle d\u00e9nonce la vente du patrimoine immobilier et mobilier \u00e0 des \u00ab&nbsp;\u00e9trangers&nbsp;\u00bb, le pillage des chapelles, des manoirs. Anjela laisse percer ici le c\u00f4t\u00e9 rebelle de sa personnalit\u00e9. La douce, la sensible Anjela, celle qui n&rsquo;a jamais pu supporter la vue du sang, m\u00eame de ses b\u00eates (elle raconte qu&rsquo;enfant, elle courait se cacher quand on \u00e9gorgeait le cochon) a aussi l&rsquo;\u00e2me volcanique. Gare aux coups d&rsquo;humeur&nbsp;! Ils sont ravageurs. Cette col\u00e8re, expression d&rsquo;un caract\u00e8re vif (h\u00e9ritage paternel oblige&nbsp;!), ne s&rsquo;appuie n\u00e9anmoins jamais sur un fond de m\u00e9chancet\u00e9. Au contraire, elle participe en quelque sorte du sacr\u00e9. Anjela \u00ab&nbsp;dis-joncte&nbsp;\u00bb si certaines valeurs, essentielles \u00e0 ses yeux, sont remises en cause&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je deviens folle, avait-elle coutume de dire, quand j&rsquo;entends m\u00e9dire de mon pays (la Bretagne, bien entendu), de ma langue et de mon m\u00e9tier.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fustigeant l&rsquo;accaparement par des non-Bretons (dans le po\u00e8me, le terme \u00ab&nbsp;\u00e9tranger&nbsp;\u00bb demeure vague\u2026 en apparence) des pierres, des meubles, du bien transmis par les anc\u00eatres, Anjela impose sa vision de sa \u00ab&nbsp;bretonnit\u00e9&nbsp;\u00bb. Le Tr\u00e9gor int\u00e9rieur, et notamment Le Vieux-March\u00e9, Tr\u00e9grom, donc l&rsquo;univers m\u00eame d&rsquo;Anjela, a vu s&rsquo;implanter en d&rsquo;anciennes demeures restaur\u00e9es, souvent en bordure du L\u00e9guer, des gens de toute nationalit\u00e9. Anjela en connaissait les anciens propri\u00e9taires, elle se souvenait de la vie de ces foyers. M\u00eame si certains de ces nouveaux venus la visitaient et lui t\u00e9moignaient une amiti\u00e9 m\u00eal\u00e9e d&rsquo;admiration, la paysanne y voyait usurpation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut comprendre cette situation locale avant de juger son cri, une sorte d&rsquo;appel aux armes. La difficult\u00e9 est l\u00e0. Anjela s&rsquo;explique tr\u00e8s souvent \u00e0 partir de son v\u00e9cu concret. Entre son m\u00e9tier d&rsquo;agricultrice et l&rsquo;\u00e9criture, il n&rsquo;y a aucun hiatus. La po\u00e9sie prolonge, sublime l&rsquo;acte paysan. N&rsquo;oublions pas que le po\u00e8te n&rsquo;est sorti de sa chrysalide qu&rsquo;\u00e0 cinquante ans pass\u00e9s. D\u00e9j\u00e0, certes, de son enfance \u00e0 la lisi\u00e8re de la vieillesse, l&rsquo;alchimie int\u00e9rieure \u00e9tait en \u0153uvre et nourrissait un chant \u00e2 qui seul manquait l&rsquo;outil pour s&rsquo;ext\u00e9rioriser. Ce devait \u00eatre la langue bretonne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous venons de citer <em>\u00ab&nbsp;An alouberien&nbsp;\u00bb.<\/em> Il serait injuste, mensonger d&rsquo;y enfermer le message de notre amie. <em>\u00ab&nbsp;Stourm a ran war bep tachenn&nbsp;\u00bb,<\/em> je r\u00e9siste sur tous les fronts, fut sa devise. Encore que <em>\u00ab&nbsp;An alouberien&nbsp;\u00bb<\/em> pointe vers une approche globale du combat men\u00e9 par la militante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anjela, intelligence extr\u00eamement vive, a pressenti le danger d&rsquo;une perte identitaire irr\u00e9versible. Or, tout en elle respirait l&rsquo;identit\u00e9. Son enracinement dans son h\u00e9ritage terrien, son mode de vie enseign\u00e9 \u00e0 domicile et pr\u00e9sent\u00e9 comme la somme d&rsquo;une sagesse, d&rsquo;une connaissance multis\u00e9culaires, la d\u00e9couverte de sa \u00ab&nbsp;bretonnit\u00e9&nbsp;\u00bb par la langue, la culture, l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle a capt\u00e9 les ondes du s\u00e9isme installant un monde nouveau. Or, ce monde lui est surtout apparu destructeur. On rase les talus, on abat les arbres centenaires. La chimie tue le processus biologique naturel dans le ventre de la terre. L&rsquo;exode pompe la jeunesse, la t\u00e9l\u00e9vision nivelle, fa\u00e7onne l&rsquo;opinion. Anjela ne voyait pas de passerelles possibles entre le monde ancien, le sien, et celui qui s&rsquo;annon\u00e7ait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;o\u00f9 ce que d&rsquo;aucuns jugeront aujourd&rsquo;hui comme un refus d&rsquo;\u00e9volution, comme une attitude r\u00e9trograde, comme un repli farouche et chouan sur une \u00e9poque r\u00e9volue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais peut-on parler d&rsquo;\u00e9volution&nbsp;? Ne s&rsquo;agirait-il pas plut\u00f4t de r\u00e9volution&nbsp;? Anjela, par temp\u00e9rament, par \u00e9ducation, n&rsquo;\u00e9tait nullement pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 une t\u00e2che de transition. Et elle le savait. Anjela a certainement v\u00e9cu un drame int\u00e9rieur. La Bretagne du possible, celle qu&rsquo;elle c\u00e9l\u00e9brait dans ses vers, n&rsquo;\u00e9tait plus d\u00e9j\u00e0 que celle de l&rsquo;impossible. Anjela vivait une utopie lucide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Femme du sacr\u00e9, comment aurait-elle pu s&rsquo;accommoder d&rsquo;une d\u00e9sacralisation en marche&nbsp;? Elle tenait en ses mains calleuses le flambeau ancestral. Et sur la fin de ses jours, silhouette d&rsquo;autre-monde, elle tendait le bras. Pour la transmission du legs. \u00ab&nbsp;Torfed eo terri\u00f1 ar chadenn&nbsp;\u00bb, crime que la cha\u00eene bris\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nul, il est vrai, ne l&rsquo;a pouss\u00e9e en premi\u00e8re ligne du combat breton. Sans doute, sa d\u00e9couverte tardive de la langue, de la culture, elle la doit \u00e0 des personnalit\u00e9s dont les convictions impliquaient une adh\u00e9sion \u00e0 la cause bretonne : Ivona Martin, Roparz Hemon, les abb\u00e9s Guillaume Dubourg, Marsel Klerg\u2026 Mais rien n&rsquo;obligeait Anjela \u00e0 chanter autre chose que sa terre, ses b\u00eates, la noblesse de son m\u00e9tier, les mille et une petites choses meublant ses journ\u00e9es besogneuses. Et une partie, peut-\u00eatre la plus grande de son \u0153uvre, joue sur le registre bucolique, rejoignant par l\u00e0 Loeiz Herrieu, le barde-laboureur. Dans ces moments de confidence, chevalier sans armure, sa musique intimiste est au plus pr\u00e8s de sa justesse. L&rsquo;inspiration devient s\u00e8ve. Les vers, les mots qui germent sur la page du cahier, alors que le feu danse sa joie dans l&rsquo;\u00e2tre ont le go\u00fbt, le parfum des plantes dites \u00ab&nbsp;sauvages&nbsp;\u00bb, celles qui recouvrent ses talus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le dernier barde-laboureur <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anjela, par son authenticit\u00e9 terrienne, a enrichi la litt\u00e9rature de langue bretonne de pages uniques, n\u00e9cessaires. Au sein de l&rsquo;\u00e9lite bretonnante, personne d&rsquo;autre n&rsquo;avait qualit\u00e9, ni possibilit\u00e9, de dire en de telles fulgurances, la simple beaut\u00e9 d&rsquo;un champ de bl\u00e9, la symphonie des matins, le rythme d&rsquo;une journ\u00e9e de battage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;en ai bien peur&nbsp;: ma vieille amie, la grande dame de Trao\u00f1-an-Dour, aura \u00e9t\u00e9 le vrai dernier barde-laboureur. Et, reprenant sa psalmodie, force nous sera de revenir \u00e0 cette ultime source, pour nous r\u00e9accorder au chant profond de la terre. On opposera que bien des po\u00e8tes se situent dans ce registre. \u00c0 la diff\u00e9rence d&rsquo;Anjela, sans que la qualit\u00e9 de leurs \u0153uvres soit en cause, ils voient, ils sentent la nature du dehors. La fermi\u00e8re vieux-marchoise, en osmose permanente avec la gl\u00e8be, exprime le dialogue qu&rsquo;elle entretient avec elle, d&rsquo;un ang\u00e9lus \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Me voici confront\u00e9 \u00e0 une interrogation majeure. Anjela aura-t-elle \u00e9t\u00e9 un m\u00e9t\u00e9orite dans le ciel de notre litt\u00e9rature ou demeure-t-elle une \u00e9toile scintillant toujours dans notre firmament&nbsp;?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une d\u00e9cennie suffit largement \u00e0 recouvrir du voile d&rsquo;un oubli d\u00e9finitif bien des auteurs. Or, Anjela Duval figure d\u00e9sormais dans le Panth\u00e9on des po\u00e8tes de langue bretonne. Son \u0153uvre, ses recueils de po\u00e8mes \u00e9dit\u00e9s, font partie des classiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, personnalit\u00e9 composite, Anjela v\u00e9hicule toujours une sorte d&rsquo;aura. La masse, celle qui ne la lit pas, se souvient d&rsquo;elle comme d&rsquo;une personne hors du commun, paradoxe vivant. C&rsquo;est vrai. En ses quelque vingt ann\u00e9es de vie \u00ab&nbsp;publique&nbsp;\u00bb, Anjela a frapp\u00e9 ses compatriotes, les gens qui l&rsquo;approchaient ou seulement la voyaient et l&rsquo;entendaient \u00e0 la radio ou \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Une pauvre femme rid\u00e9e, cass\u00e9e par le labeur, paysanne de surcro\u00eet, vivant \u00ab&nbsp;\u00e0 l&rsquo;ancienne&nbsp;\u00bb, se dressait, fi\u00e8re, rebelle, et le verbe aussi haut que ch\u00e2ti\u00e9 (Anjela s&rsquo;exprimait \u00e0 l&rsquo;occasion dans une langue fran\u00e7aise qui, je l&rsquo;avoue, m&rsquo;a parfois contraint de re-courir au dictionnaire&nbsp;!), disait son fait \u00e0 tous les faiseurs de monde aussi bien qu&rsquo;au peuple coupable \u00e0 ses yeux de trop de renoncements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les m\u00e9dias adorent les atypiques. Anjela en \u00e9tait. Elle a \u00e9t\u00e9 jet\u00e9e en p\u00e2ture {et sur ce point je porte ma part de responsabilit\u00e9) \u00e0 la curiosit\u00e9 de la foule. Heureusement, la curiosit\u00e9 est \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Et ce n&rsquo;est pas par ce c\u00f4t\u00e9 \u00ab&nbsp;voyeurisme&nbsp;\u00bb que s&rsquo;est maintenu dans l&rsquo;opinion bretonne actuelle le sentiment d&rsquo;une femme exceptionnelle, porteuse d&rsquo;une grande sagesse, de valeurs qui ciment\u00e8rent la soci\u00e9t\u00e9 bretonne, dont l&rsquo;intelligence rayonnait, dont la force d&rsquo;enracinement interpellait. Le nom d&rsquo;Anjela Duval fleurit sur les plaques au coin des rues, des places. Je n&rsquo;entends nullement condamner cette r\u00e9habilitation posthume. Anjela Duval a honor\u00e9 et honore toujours la Bretagne. Hommage lui est d\u00fb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais que vaudra cet hommage dans quelque temps&nbsp;? Les souvenirs s&rsquo;oxydent encore plus vite que les plaques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pense que la permanence du po\u00e8te de Trao\u00f1-an-Dour circulera gr\u00e2ce \u00e0 ses textes, surtout po\u00e9tiques. Le message s&rsquo;y trouve. Divers, contrast\u00e9. Po\u00e8mes-pri\u00e8res de la chr\u00e9tienne, po\u00e8mes-c\u00e9l\u00e9brations du rite paysan, po\u00e8mes-m\u00e9ditations sur la souvenance des \u00eatres chers, po\u00e8mes-cris de la Bretonne en lutte pour sa langue, sa culture. \u00c0 chacun sa manne. Mais ne diss\u00e9quons pas le message. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 l&rsquo;Anjela qui dit la peine des gens de la terre, de l&rsquo;autre l&rsquo;Anjela militante, mystique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anjela Duval n&rsquo;appartient \u00e0 personne. Nul n&rsquo;a sur son legs droit de propri\u00e9te. Elle appartient \u00e0 la Bretagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et notre devoir, le seul que peut-\u00eatre elle attend de nous, est de ne pas laisser, plus que son souvenir, son chant en jach\u00e8re. Ses po\u00e8mes doivent \u00eatre diffus\u00e9s, r\u00e9pandus au maximum. Si une traduction fran\u00e7aise s&rsquo;av\u00e8re utile et conduit le lecteur vers le texte original en breton, qu&rsquo;on le fasse. La demande existe. Un public de plus en plus large, et dont la d\u00e9marche para\u00eet honn\u00eate, voudrait acc\u00e9der aux tr\u00e9sors de la po\u00e9sie d&rsquo;Anjela. Mais il n&rsquo;a pas la clef d&rsquo;or qui ouvre le coffre&nbsp;: celui de la langue bretonne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous les grands po\u00e8tes du monde font l&rsquo;objet de traductions. L&rsquo;universalit\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Anjela plaide pour cette internationalisation, bien que seul le breton garde \u00e0 son \u0153uvre la dimension de son g\u00e9nie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Paru dans <\/em>ArMen<em> n\u00b0 56, janvier 1994, pp. 18-27. Traduction en breton par Corinne ar Mero pour l&rsquo;\u00e9dition de l&rsquo;\u0152uvre compl\u00e8te <\/em>(Oberenn glok)<em>, texte accessible <a href=\"http:\/\/www.anjela.org\/oberenn\/mouezh-ur-brofedez-roger-laouenan\/?lang=bz\">ici.<\/a><br \/>\n<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Roger Laouenan \u00ab&nbsp;Une demi-douzaine de po\u00e8tes ne vaudront jamais un bon ouvrier agricole&nbsp;!&nbsp;\u00bb s&rsquo;\u00e9cria un jour Anjela Duval, qui savait de quoi [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"class_list":["post-4886","page","type-page","status-publish","hentry"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Anjela Duval, une voix proph\u00e9tique ? - Anjela Duval<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.anjela.org\/oberenn\/anjela-duval-une-voix-prophetique\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Anjela Duval, une voix proph\u00e9tique ? 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