Méditation

Toute seule ! — comme tous les soirs — la maison paisible.
Toute seule avec le poids de mes pensées
Mes pensées qui cherchent un chant par où s’élever
Et s’ouvrir.
Méditation…
J’écoute. J’entends :
La voix du feu : mon complice de tous les soirs.
Et je n’ai pas encore réussi
À comprendre sa langue :
Elle change tous les soirs.
Parfois c’est comme une prière : prière du foyer
autel sacré de la maison.
Parfois il me semble que c’est un chant.
Parfois un gémissement. Ou un murmure. Une plainte…
Sa fumée épaisse et bleue s’élève comme un encens
Par le conduit noir de la cheminée,
Pour se perdre dans la nuit noire.
Détonations sèches du châtaignier ou du peuplier qui
Lâchent des étincelles rouges qui sont comme des étoiles.
Les flammes bleues du saule sec jaillissent
hautes et joyeuses.
Les flammes mordorées du Hêtre comme rayons de soleil
Qui dansent, dansent en chantant.
Symboles de nos idées qui changent chaque jour.

Pourtant. Le cœur du chêne réduit en braises rouges
Reste en vie jusqu’au jour, enseveli dans la cendre…

— La foi des Celtes en leur Destin durera-t-elle
jusqu’au matin ?
Méditation…

25 octobre 1964

(Traduction Paol Keineg)

Ce poème en breton





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