Le tableau du Petit Homme du Midi

Un siège pliant à la main
Son chevalet sous le bras
Voici le Petit Homme du Midi qui
Par le sentier des broussailles
Part s’installer au sommet de la colline.
… Le soir à son retour j’ai vu son tableau :
Les trois sycomores de la crête
Au tronc court, au feuillage étalé.
Entre les arbres : les prés verts du vallon.
Des champs obliques, au Blé qui jaunit
Et le petit bourg qui se chauffe cramponné au tertre.
Le clocher interrompt la courbe de l’horizon,
Raide dans le Ciel bleu clair d’un midi d’été,
Maisons minuscules du faubourg qui dégringole
Jusqu’à mi-côte de Mouf-Mouf (un surnom)
Comme pour faire le curieux du côté du ruisseau de Gwaziliou.
— Où t’en vas-tu si pressé ?
Tu vas tomber dans le Léguer tête la première !
Le ruisseau a hâte de cacher sa honte :
En traversant la mare il a souillé
Son eau transparente à la lessive
Et aux langues agiles des laveuses…
… Les trois sycomores, eux, sont heureux
Car ils sont sûrs de rester verts à jamais
Et de vivre longtemps, très longtemps
Dans le tableau du Ť Petit Homme du Midi

12 juillet 1964

(Traduction Paol Keineg)

Ce poème en breton





« »